La Mer et les Petits Poissons par
Terry Pratchett Nouvelle tirée de" Légendes" recueil de Fantasy par Sylverberg..
En marge des Annales du Disque-Monde, cette courte nouvelle nous permet de mieux connaître Mémé Ciredutemps et sa fidèle amie Nounou Ogg dans la vie quotidienne du village de Trou-d’Ucques, dans le royaume de Langres, qui est le leur.
La grande fête annuelle des Jugements se prépare. Mais cette année, Laitie Perçoreille,
"qui n'était pas une mauvaise femme, mais que l'on soupçonnait de s'adonner à la sorcellerie pour passer le temps comme d'autres, d'un certain rang social, brodaient des protège-genoux pour l'église ou visitaient les pauvres" s'est autoproclamée responsable du Comité de Juges chargée de l'organisation.
Elle veut empêcher Mémé Ciredutemps de s’inscrire aux épreuves parce que
"il est très difficile de convaincre les gens de s'inscrire dès qu'ils apprennent qu'elle va participer" puisqu'elle gagne tout le temps.!!!
Pour cette mission périlleuse, elle se fait accompagner par Grand'Mère Béans "
qui réparait elle même ses souliers et qui prisait ce qui signifiait que c'était quelqu'un de bien" et de la Bonne Mère Dismas qui"
avait le désordre des gens qui suite à un décollement de la rétine dans leur seconde vue, vivent dans tout un éventail d'époques à la fois" Gytha Ogg va jouer le rôle de conciliatrice. Elle se savait capable d'affronter son amie quand elle était de mauvaise humeur.
L'entrevue est orageuse. Miracle!.. Mémé accepte de s'effacer tout en demandant de pouvoir apporter son aide pour le bon déroulement de la fête. Personne ne croit à sa soumission . D'autant que ne sachant pas cuisiner car, d'après Nounou,
" ses gâteaux ressemblent à un troupeau de vaches naines ayant mangé trop de raisins secs avant de se sentir mal. Quand à l'énorme pot de confitures, il semblait gorgé de lave mauve solidifiée. Personne n'a réussi à en retirer la cuillère " Le malaise s'installe. Mémé impose le respect. On respecte aussi les nuages d'orage. Ils irriguent le sol, on a besoin d'eux, mais ils ne sont pas sympathiques.
Pratchett s'amuse à nous présenter son petit monde de sorcières à sa façon à lui,
ironique et fantaisiste, avec un luxe de réflexions cocasses et souvent pertinentes. Ses sorcières ne font pas peur. Vêtues de leur chapeau pointu et leur grande cape elles ne nous semblent pas ridicules. Parmi les gens de leur village, elles sont simplement des femmes qui ont un "don". Elles ne font jamais du mal aux personnes quand elles ne peuvent pas leur faire du bien. A la lecture, on découvre une certaine tendresse de l'auteur pour ses personnages .Merci à lui de les avoir créés et pour, avec le récit de leurs aventures, nous faire rire sans arrière pensées et de bon coeur.
Et la fin de l'histoire me direz-vous......à vous de le découvrir!.. Nounou Ogg pour qui
"une fête du Jugement sans un bon feu de joie et des patates cuites sous la cendre" , sans oublier quelques rasades du nectar sorti de son alambic et une bonne pipe sera exaucée. Et c'est Esméralda Ciredutemps qui allumera le bûcher d'un simple clin d'oeil.... Le meilleur tour de sorcellerie de la journée.....hors concours.